Paris: Exposition Photo “Mémoire d’un Sourire” i24news


Paris: Exposition “Mémoire d’un Sourire” I24NEWS

« Mémoire d’un Sourire », Un travail uni avec toute laRésidenceAmaraggi, son équipe entière sa directrice Annie MELIHAN-CHEININMerci à la FondationpourlaMémoiredelaShoh,  RachelRimmer,  FondationCasipCojasor ,  CorinneBenzekri, I24NEWS
Mon hommage si particulier du coeur à coeur à tous les Résidents d’Amaraggi.

MÉMOIRES VIVES, Invitées de Juliette Sénik, Réjine Halimi et Annie Melihan Cheinin.RCJ Radio

 

« Mémoires Vives » émission de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Préparée par Rachel Rimmer et présentée par Juliette Sénik qui reçoivent Réjine Halimi, artiste peintre photographe et Annie Melihan Cheinin, Directrice de la résidence Amaraggi du Casip Cojasor pour l’exposition « mémoire d’un sourire » du 16 au 27 septembre à la Mairie du 19e arrondissement de Paris

« Où allez vous Mademoiselle ? J’ai répondu : le commissaire m’a donné l’autorisation de partir du poste de police ». « Attendez, je vais vérifier. » Le commissaire lui a confirmé l’autorisation. Moi et une dizaine d’enfants juifs, on a été sauvés ce jour là. Ça jamais je n’ai oublié », Dinka Reich.

Dinka Reich, Rose Volcot, Rachel Puszet (photo ci dessus), Raymonde Kenig, Sabine Lerer, Jean-Marc Leroy, Mendel Gorlicky, Joseph Weissmann, ce sont des noms, des visages, des vies, qu’on pourra voir du 16 au 27 septembre 2019 à la mairie du 19ème arrondissement autour d’une exposition qui s’intitule « Mémoires d’un sourire ».

Ce très beau projet a été mené dans le cadre du programme Kecher, soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, qui vise à prendre en compte les parcours spécifiques de chaque survivant de la Shoah qui intègre une des 3 résidences du Casip-Cojasor, Amaraggi dans le 19 ème, Kelmann à Créteil et La Colline à Nice.

“Mémoire d’un Sourire” – Expo Photo

Notre avis:

Ce sont des personnes âgées auxquelles on ne parvient plus à donner un âge. Les visages sont posés sur le papier glacé et illuminent le regard du spectateur. Ces gens-là sont des anonymes. Ils habitent cet EHPAD de la Porte des Lilas, la Résidence Amaraggi. Tous partagent le souvenir d’une enfance meurtrie par l’occupation allemande et l’épouvante des camps. Ils ont perdu leurs parents, ou eux-mêmes ont fui la mort. Et parfois, ils racontent, à travers cette expérience photographique, que la vie n’a jamais plus été comme avant, a fortiori quand ils se retrouvent dans une maison de retraite, le corps ralenti par l’âge.
Pourtant, malgré la gravité du sujet, c’est la vie qui domine cette oeuvre photographique L’artiste, Rejine Halimi, a subi la disparition de son propre père, dans cette maison de retraite de la Porte des Lilas, où elle a passé des semaines entières à capter des émotions et des visages. La photographe, dont l’activité principale demeure la peinture, saisit des regards, des bonheurs, des joies, des larmes aussi, et restitue une Histoire universelle, celle de ces hommes et de ces femmes que l’infamie populiste et guerrière a traumatisés pour le reste de leur existence. Il y a beaucoup de dignité dans ces visages. Des paroles brèves, intense, accompagnent les portraits, comme des apostrophes à une histoire dont il faut rappeler avec urgence qu’elle pourrait se reproduire, à l’aune de la montée inquiétante des populismes et des agressions antisémites ou racistes.
Résidence Amaraggi11 boulevard Sérurier 75019 ParisDe 14 heures à 19 heures du lundi au samedi

Laurent Cambon

 

Teaser de l’exposition

 

 

Pixel – extraits –

“Pixel”
spectacle – création 2014

Onze danseurs évoluant dans un environnement en trompe l’œil, conjuguant énergie et poésie,
hip-hop et cirque. Une collaboration de Adrien M & Claire B et Mourad Merzouki, cie Käfig.

« Notre rapport à l’image est celui du trompe l’œil. Nous cherchons à transformer la perception, à brouiller les pistes du vrai et du faux, à franchir les frontières quotidiennes du réel, et faire apparaître des choses qui ne sont pas “possibles”. Modifier, distordre et décaler le rapport au temps et à l’espace. Et c’est également la recherche que mène le danseur, dans le hi-hop avec son corps. C’est de ce point de rencontre qu’est né ce spectacle : la recherche de l’illusion. »
Claire Bardainne & Adrien Mondot

Bram Van Velde : « Peindre me fait peur »

C’est un “peintre de l’empêchement” selon l’expression de Samuel Beckett. Bram Van Velde peint ce qui l’empêche de peindre, et s’émerveille de ce qui jaillit de la toile. Dans un document rare de 1980, l’artiste s’entretient avec Charles Juliet sur son rapport vital à la peinture.

Quelques mois avant sa mort, Bram Van Velde avait accordé un entretien à Charles Juliet, écrivain, poète, qui avait accompagné de ses textes l’édition des lithographies du peintre. Bram Van Velde, l’ami de Samuel Beckett. Bram Van Velde, un homme que n’avait jamais quitté l’envie d’être peintre – tant mieux -, et qui peignait ses tableaux pour lui-même les découvrir. Rêveur et profondément dévoué à la peinture, il se définissait comme un “être liquide”. D’une voix délicate, un peu tremblante et avec un léger accent néerlandais, il se confie dans ce document rare sur son rapport vital, substantiel, à la peinture. Bram Van Velde est né en 1895 dans une commune néerlandaise, Zoeterwoude, et mort en 1981, à Grimaud, dans le Var. Il fut longtemps peintre en bâtiment et décorateur. Il se rappelle :

Je me souviens très bien de ma vie, quand j’étais apprenti peintre en bâtiment et de décoration. Vite, on a vu que j’avais du talent. Je faisais des abat-jours, oui des lampes, c’est ça.

C’est un homme d’une extrême sensibilité qui, après de multiples vicissitudes, tant personnelles que professionnelles, connaîtra tardivement le succès.

Mon enfance a été très misérable. Mon père est parti et ma mère était avec quatre enfants, qu’elle devait faire vivre par elle-même. C’était une enfance très dure. Mais moi, toujours, j’ai voulu être peintre. On m’a donné des crayons de couleurs à 7 ans, et je faisais un dessin avec un moulin, et on trouvait ça si beau… je n’ai jamais quitté l’idée d’être peintre.

Il n’a jamais perdu la fascination enfantine du dessin et de la couleur. Quand il parle de la peinture, sa voix se relève, et l’on imagine son regard pétillant. Des formules simples et profondes à la fois jaillissent alors.

Un tableau, un vrai tableau… c’est une merveille ! On peut en vivre. Il ne s’agit pas de les multiplier. J’ai fait ce que je pouvais. J’ai toujours eu peur de… je ne sais pas, ça me fait peur. Peindre me fait peur. Faire face, porter tout ça, je le vis comme une chose qui n’est pas sans danger, mais je dois rester le maître. 

Un tableau qui sort tout le vécu, qui me libère de tout ça, est un moment glorieux. Je vis par ce genre de moments.

L’œuvre qui vient, l’image qui surgit, émerveille toujours de façon renouvelée son propre créateur, et le laisse presque abasourdi. Car l’émerveillement de la création est toujours bizarrement teinté de désespoir pour le discret Bram Van Velde.

Chaque fois, un tableau vient, et je ne le savais pas. L’acte est une sorte de désespoir qui vous plonge en profondeur, mais de laquelle on ne sait rien. Une sorte de cauchemar.

Entre-là – Il n’y a plus tant à penser l’être, qu’à vivre et penser l’entre – Tanaka Min à la Borde

« Le travail de la terre est, en un sens créatif, lié de très près à la danse.
Le fait que notre corps soit exposé à l’espace du dehors, au vent, à la lumière, à la chaleur est en soit un facteur créatif ».


Tanaka Min à la Borde


Tanaka Min est un des grands noms du Buto, la danse des ténèbres. Invité à danser à la clinique psychiatrique de La Borde par Félix Guattari, Tanaka y réalise une performance d’une rare intensité. Le spectacle se déroule à l’extèrieur devant l’entrée du chateau un jour de printemps. Tanaka Min danse sur une musique de Joseph Cantteloube (Bailèiro). La seconde partie se décompose en 2 parties, une discussion animée par Félix Guattari où les pensionnaires livrent leurs impressions sur le spectacle, et une deuxième performance « privée » chez Félix Guattari.

Il n’y a plus tant à penser l’être, qu’à vivre et penser l’entre © entre-là /