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Pet Shop Boys

L’événement parisien de ce mois de juin
PET SHOP BOYS

Rarement l’image grand public d’un groupe n’aura été aussi trompeuse. Alors qu’ils ne sont pas loin de New Order dans le panthéon des formations de pop électroniques apparues à l’orée des années 1980, les Pet Shop Boys restent pour beaucoup un duo lisse qui a enchaîné les tubes sans consistance, et sans conséquences. Il faut dire que Neil Tennant et Chris Lowe auront bien contribué à brouiller les pistes avec leur perpétuel grand écart. Voilà un groupe capable de produire une musique à la fois festive et mélancolique, dansante et intimiste, superficielle et bouleversante. Le même qui est l’auteur du fragile « Being Boring » (1990) et du lourdaud « New York City Boy » (1999). Cette dualité, inhérente aux Pet Shop Boys, se niche d’ailleurs souvent à l’intérieur de leurs chansons. Derrière une mélodie à l’apparence naïve se cachent des paroles subtiles et décapantes, bien en prise avec la réalité. « Nous sommes les Smiths de la musique de danse » déclarait même Neil Tennant en 1987. La comparaison avec les Mancuniens, qui appelaient à « pendre le DJ », pourrait prêter à sourire. A y regarder de plus près, elle n’a toutefois rien de sacrilège. Smiths et Pet Shop Boys ont en commun des textes à l’ironie mordante, un regard acéré sur les années Thatcher, une mélancolie insidieuse et un penchant pour le mélodrame intime. Comme Morrissey avec Sandie Shaw, Neil Tennant s’est même permis le luxe de relancer la carrière de son idole de jeunesse en la personne de la divine Dusty Springfield.

concert exceptionnel et très “enlevé” à Paris dans la salle mythique du Grand Rex.

Pina Bausch