Rejine Halimi

de Pascal Payen-Appenzeller

Rejine Halimi


Portrait en peinture. Comme tout artiste. Mais il ne s’agit pas de figurer ni de coder. L’art contemporain est le fruit d’un processus. Inventer c’est ce que la vigne fait le mieux après cinquante ans. Non pas devenir meilleur mais enregistrer le temps. Et le laisser agir.

L’artiste a deux passions fondatrices : le jeu de formes et de tracés (dont les écritures) et l’énigme dont il est à la fois la force et le but qui ordonne une composition qui rappelle les marelles et tous ces échiquiers où nous attendons de lutter avec notre hasard dénommé destin.

La matière et toutes ces cuisines qui lui donnent saveur, couleur et- on osera, odeur des choses, se laisse guider et la guide en même temps, qu’elle dépose couche après couche, reprend jeune ou vieillie, décolle, recolle, manipule, admire, et travaille jusqu’à l’achèvement.

Héritière de Dubuffet comme admiratrice de Tàpies, Rejine Halimi a depuis longtemps laissé ses influences pour envisager des ex-voto dont l’émotion vient d’une sorte d’arrêt sur image – l’une des deux directions de celle qu’on nommera icône pour dire son pouvoir, la présence émanée.

Les techniques de gravure et de de coulage, pigments et colles, proposent une œuvre dont l’originalité est de faire remonter la fraîcheur d’une inspiration enfantine à l’histoire de l’IMAGE qui unit l’Occident à l’Orient autour d’une culture qui ose affronter le mystère au-delà de l’intelligence.

Rejine Halimi a passé l’âge du tableau pour rejoindre les âges magiques.


Pascal Payen-Appenzeller
Août 2017